Article du 10/03/2010 à 16:51
Place à l'Obernoise
Geneviève Laurenceau et ses amis Geneviève Laurenceau, premier violon super-soliste à l'Orchestre national du Capitole de Toulouse, a créé l'Association «Musique de chambre à Obernai» dans la ville de son enfance, une «assoc» qui va déboucher sur l'organisation du Festival de musique de chambre d'Obernai.

La première édition va se tenir du mercredi 21 juillet au mercredi 28 juillet prochains, soit une semaine de concerts dédiée tout naturellement à la musique de chambre avec la louable ambition «de réunir chaque été les meilleurs interprètes français et européens du moment» selon Mme Laurenceau. La violoniste qui a été grand prix de l'Académie Ravel, Violon de l'Adami, lauréate de Fond'Action Alsace et premier prix du Festival de Novossibirsk (Sibérie occidentale) où elle a enchanté les mélomanes russes férus de culture musicale française, italienne et allemande, a voulu un festival de musique de chambre à Obernai, la ville de son enfance qu'elle qualifie de «colorée et chaleureuse» mais on a presque toujours la nostalgie de ses premières années que le temps passant on embellit souvent. Pour elle, «la musique de chambre, c'est le bonheur évident de jouer ensemble, les sens grands ouverts, dans l'émotion de l'instant...». Si plus prosaïquement la musique de chambre, c'est une musique jouée par un petit nombre de musiciens, Geneviève Laurenceau l'enjolive tout simplement parce qu'elle l'aime, prend du plaisir à la jouer avec ses amis musiciens, en a fait une passion et qu'elle entend la faire partager. Certes, les grands compositeurs des siècles derniers seront joués à ce festival d'Obernai, mais la dame ne dédaigne pas d'autres répertoires, curiosité aiguisée d'une intelligence en éveil et d'une sensibilité subtilement maîtrisée au point de pouvoir envisager de passer allègrement de la musique de chambre au tango, car on l'aura compris, ce festival est sans frontières musicales. Et suprême élégance, tous les auditeurs, mélomanes avertis comme néophytes, seront conviés à goûter à ce moment unique où la musique se construit, c'est-à-dire lorsque les artistes sont en répétition jusqu'au feu d'artifice final du concert proprement dit. Un programme ambitieux L'ambition est grande et belle- Geneviève Laurenceau évoque «une vocation».

En juillet prochain, le public aura le choix entre une formule trio avec comme son nom l'indique trois concerts au choix pour 50 euros et une formule quatuor qui proposera quatre concerts au choix pour 60 euros. Tout commencera le mercredi 21 juillet à 20 heures en la salle des fêtes d'Obernai par un concert de tango donné par l'Ensemble Contraste avec au menu des tangos de Piazzolla, Matos Rodriguez, Sanders- Vedani, Guardel-Le Pera et Yradier. Après cette mise en bouche, le lendemain jeudi 22 juillet à 20 heures dans la superbe salle Renaissance de la mairie d'Obernai, Karol Beffa au piano donnera des improvisations à la fois soufflées par l'humeur et la spontanéité du public et de sa propre imagination, le tout entrecoupé de la sonate pour violon et piano n°1 en sol majeur opus 78 de Brahms et de la sonate pour violon et piano n° 3 en ré mineur opus 108 du même Johannes Brahms. Le dimanche 25 juillet à 20 heures, la synagogue d'Obernai accueillera un concert de chant et piano avec quatre mélodies sur Heine de Robert Schumann, cinq mélodies sur Des Kaben Wunderhorn de Gustave Malher, une nouvelle chanson et mignonne, puisque c'est l'automne d'Anthiome, chanson triste et l'invitation au voyage d'Henri Duparc pour finir en beauté avec les fameuses histoires naturelles de Maurice Ravel. Le lundi 26 juillet à 20 heures, retour à la salle des fêtes d'Obernai avec un concert pour guitare et cordes avec notamment thème et variations sur le carnaval de Venise et Recuerdos (Souvenirs) de la Alhambra de Tarrega, la danse espagnole n° 3 de Granados et Granada et Asturias d'Albeniz pour finir avec du Paganini et son cantabile en ré majeur pour violon et guitare ainsi que par sa fantaisie sur un thème de Moïse pour violoncelle et guitare et du Boccherini avec le quintette «Del Fandango » pour guitares et cordes n° 4 en sol majeur. Final du Festival de musique de chambre d'Obernai, le mercredi 28 juillet, à 20 heures, bien entendu, dans la salle des fêtes de la localité avec un feu d'artifice de cordes avec Geneviève Laurenceau au violon, entre autres musiciennes, sur le merveilleux sextuor de Tchaikovsky Souvenirs de Florence en ré mineur opus 70. Que du beau, donc : nous aurons l'occasion d'y revenir.

En attendant, on peut prendre patience en rêvant à tous ces beaux morceaux de musique de chambre ainsi qu'au tango, cette danse sur un rythme plutôt lent-encore plus lent qu'une valse lente-et à deux temps, qui nous vient d'un pays de feu, l'Argentine, et qui permet d'exprimer si bien la langueur amoureuse.

Albert Odouard

Actualité Flash info
Le dossier
Retrouvez les portraits des acteurs du printemps alsacien parus dans l'Ami hebdo ces dernières semaines...