
Photo Frédéric Maigrot / L'AM.I.
Fini le temps du diagnostic. Ex-Vert passé au Modem, Yann Wehrling se veut pragmatique et juge qu'il est temps de passer à l'acte en matière de développement durable.
● Yann Wehrling, c'est votre troisième candidature à une élection sous la bannière du MoDem, qu'estce qui vous a poussé à vous présenter aux régionales ?
❍ C'est ma région, c'est là que je suis né et j'y suis attaché. La région est aussi l'échelon de territoire auquel je crois le plus pour l'avenir. La région aura davantage de pouvoirs dans le futur. Cela doit se faire par transferts de pouvoirs de l'Etat mais la région doit aussi avoir son budget propre et un pouvoir réglementaire. C'est le mode de fonctionnement de tous les pays qui nous entourent et la France est un peu à contre-courant. Je crois à l'Europe des régions. Les deux échelons importants sont à mon sens l'Europe et les régions.
● Quels sont les thèmes centraux de campagne que vous voulez mettre en avant ?
❍ Ce sont ceux de la proximité. En économie, la région doit devenir l'échelon qui favorise l'économie locale. Il faut tout faire pour que les décisions soient prises localement, pour que les interlocuteurs qui trouvent la solution, une aide par exemple, soient locaux et pas à Paris. Nous proposons aussi la création d'un fonds d'investissement régional avec co-décision des banques. Pour les surfaces agricoles, il faut aller vers une production alimentaire locale en favorisant les maraîchers et les circuits courts dans la région. Pour cela, il faut développer les marchés et créer des marchés permanents couverts. Pour les aides, il faut arrêter le saupoudrage et cibler davantage les filières d'avenir. Ce sont le bois, la voiture du futur, en s'appuyant sur l'industrie locale, et la chimie verte, en relation avec le pôle bâlois. Enfin, il ne faut pas voir le Rhin comme une frontière et ne pas parler des voisins comme de concurrents.
● Le MoDem est un mouvement qui a la réputation de «brûler régulièrement ses vaisseaux» et d'être plutôt bâti dans une perspective de présidentielle, comment vous y sentez- vous après des années passées chez les Verts ?
❍ Il faut arrêter avec cette hypocrisie générale de la classe politique concernant les présidentielles. Tous y pensent tous les matins et Bayrou ne le dit ni plus ni moins qu'avant. En politique, il y en a toujours qui volent au secours de la victoire et il n'est pas facile de tenir le coup face aux rouleaux compresseurs. Il faut prendre des risques et c'est plus compliqué quand on ne s'inscrit pas dans un camp. Le Modem est une force nouvelle. L'UDF était au centre droit, pas au centre. C'est la première fois qu'on n'est plus dans la satellisation. Je ne renie rien de ce que j'ai fait, j'ai alerté depuis vingt ans quand tout le monde s'en foutait. Mais il ne faut pas continuer le catastrophisme, il faut passer à l'acte. C'est trop facile d'enfoncer des portes ouvertes. Il faut s'appuyer sur le capitalisme. Le développement durable ne marchera que s'il est rentable.