Article du 10/03/2010 à 15:46
Jacques Fernique : «Le paquet sur le ferroviaire»
Photo Frédéric Maigrot / L'AM.I.
À la tête d'iune liste de rassemblement mais à dominante "Verts", Jacques Fernique sent que le changement est possible dans la région, au profit des transports collectifs et doux, et en mettant le holà à l'étalement des villes.

● Jacques Fernique, qu'est-ce qui vous a poussé à vous présenter aux régionales ? 

❍ C'est clairement la démarche de rassemblement des écologistes. C'est une fédération, une vraie volonté de dépasser les différents mouvements et partis que nous étions avant. Il y a une forte attente des citoyens, il y a une crise et le chômage est neuf en Alsace. L'écologie a quelque chose à dire par exemple sur l'automobile, la chimie, l'agriculture de qualité. Mes six ans de mandat au conseil régional ont joué aussi mais c'est véritablement la volonté de rassembler. 

● Vous en avez déjà évoqué quelques-uns au passage, quels sont les thèmes centraux de campagne que vous voulez mettre en avant ? 

❍ C'est l'aménagement du territoire. Cela fait techno quand on le dit comme cela mais quand on parle qualité de vie, étalement de ville ou biodiversité, tout le monde comprend. Il y a 1 000 ha qui ont disparu chaque année en Alsace pour l'agriculture ces dernières années. Mais la région n'assumait pas sa responsabilité de mettre sur pied un schéma régional d'aménagement. Le résultat est que tout le monde parle d'arrêter le développement mais on n'arrive pas à trouver les moyens. Il faut là une vraie gouvernance. En Alsace, les gens voient qu'il y a d'autres voies, il y a les exemples de Fribourg, de Karlsruhe et de la Suisse. On a eu des inflexions dans les bonnes directions mais il faut une vraie une vraie résolution écologique. Dans le transport, il faut arriver globalement à 40 à 50 % de déplacements doux et collectifs en Alsace. Et il faut concentrer les moyens sur le ferroviaire. Le routier, c'est un schéma des années 60 et n'est pas de la compétence de la région. Cela fait 20 ans qu'on dit qu'il faut mettre le paquet sur le ferroviaire mais cela hoquette. Il faudrait une deuxième convention avec RFF comme celle signée avec la SNCF. 

● Vous parlez de consensus et de thèmes écologiques, quelle est la part de «Vert» et la part de volonté de changer la société dans votre programme, alors que vous êtes nombreux à venir de l'extrême gauche ? 

❍ L'écologie politique est fille de mai 68, elle est aussi fille de l'action associative, où il y a un grand foisonnement. Et elle est fille de grandes mobilisations dans le bassin rhénan, contre les centrales nucléaires par exemple. Mais il n'y a pas que des Verts chez Europe Ecologie. Chez nous, c'est la méthode du consensus. Il y a une dynamique inédite qui nous force à dépasser notre structure, avec des gens du MEI, de Cap 21 et des élus de terrain. Les itinéraires sont différents. On avait déjà une chance en 1992. Le grand changement est possible pour la première fois.

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