Article du 10/03/2010 à 15:43
Patrick Binder : «Cette manière de faire ne convient pas aux Alsaciens»
Photo Frédéric Maigrot / L'AM.I.
Tête de liste du Front National, Patrick Binder voit d'un oeil critique la politique menée jusque-là sur le mode consensuel et présente un programme «régionalisé».

● Patrick Binder, qu'est-ce qui vous a poussé à vous présenter ? 

❍ Cela fait douze ans que je suis au Conseil régional et 12 ans que j'observe le comportement de la droite et de la gauche confondues. Cette manière de faire de la politique ne me convient pas et ne convient pas aux Alsaciens. Elle ne répond pas aux grandes problématiques. Tout n'a pas été mauvais mais de grandes orientations n'ont pas été prises, par exemple pour le bilinguisme. Ils n'ont pas su anticiper. Je constate que les partis politiques se partagent le bilan de la mauvaise gestion. 95% des décisions ont été votées ensemble. Le FN a été le seul à ne pas voter des orientations et des subventions, le point le plus flagrant étant le Bioscope. 

● Quels sont les thèmes centraux de campagne que vous voulez mettre en avant ? 

❍ Le premier est l'économie de proximité avec deux axes qui sont d'abord le développement de l'économie régionale et ensuite l'export. Pour l'économie verte, Fribourg en Brisgau est une référence pour moi. Vient ensuite l'agriculture alsacienne qui doit être enracinée. Il y a des niches à exploiter comme l'agriculture de montagne, l'élevage de porcs en plein air et la filière des vergers fruitiers et des bouilleurs de cru. Il faut une agriculture traditionnelle et indépendante. Pour l'environnement, il faut rendre la région indépendante sur le plan des énergies en développant notamment la méthanisation, les transports aux biogaz et les biocarburants. Et il faut promouvoir la langue et la culture régionale. C'est pourquoi nous avons demandé un Grenelle de l'identité régionale. La situation est grave car les classes bilingues ne sont pas ouvertes comme il faut et les Alsaciens ne sont plus attractifs sur le marché du travail pour les Allemands et les Suisses. Il faut aussi défendre le droit local qui est une grande richesse de notre région. Enfin, je suis contre la sur-urbanisation de la région et le développement extensif des villes. 

● Votre discours s'est beaucoup «régionalisé», on est loin des thèmes traditionnels du FN... 

❍ Nous avons donné une orientation plus régionale pour crédibiliser notre discours. Dans la politique de la ville, j'intègre l'immigration et la Région n'a pas à financer la politique de la ville. Il y a deux problèmes dans la région: l'emploi et l'immigration. Les gens aujourd'hui s'intéressent aux questions locales comme les emplois préservés, les emplois de demain et les orientations des enfants. Nous sommes les seuls à avoir un programme aussi étoffé. Et nous parlons aussi des économies à réaliser. La décentralisation coûte très cher actuellement. Nous avons trois palais dans la région (le siège de la Région et des Départements), un princier à Colmar et deux royaux à Strasbourg.

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