Flâner à travers les rues d'une ville est une plongée dans le passé. L'histoire de la cité se révèle à chaque pas, surtout lorsque le nom d'un personnage évoque une innovation, une invention ou une création. Les avancées dans le domaine des connaissances sont attribuées à des personnalités qui furent des révélateurs des idées de leur époque. Dans cette série d'articles à découvrir mensuellement dans L'Ami Hebdo, on pourra suivre les traces d'hommes et de femmes qui ont marqué leur passage en étant pionniers en leur domaine. Les noms des rues de Strasbourg sont ainsi riches en célébrités connues, oubliées ou méconnues.
P.A. Befort, L. Daul, M. Moszberger
GUTENBERG (1400-1468) (rue, place)
Inventeur de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles.
Trois voies strasbourgeoises portent le souvenir de l'inventeur de la typographie.
RUE GUTENBERG
La rue Gutenberg est une partie de l'ancienne Grand'Rue qu'elle prolonge, allant de la place Gutenberg à la rue des Francs-Bourgeois. Depuis 1963, lors de l'installation de la ligne de tram dans la rue des Francs-Bourgeois, ce tronçon s'appelle rue Gutenberg (Guteberristross).
Dans la rue se trouvent des maisons Renaissance avec portail, encorbellement et oriel, ainsi que la façade arrière de l'Hôtel de la Corporation des Marchands, appelé Poêle du Miroir. A l'étage, la salle de concert a gardé le souvenir du passage du jeune Mozart qui s'y produit en 1778.
PLACE GUTENBERG
La place se trouve entre la rue des Grandes-Arcades et la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons, bordée de commerces et de restaurants typiques.
Remarquable construction Renaissance, le bâtiment de la Chambre de Commerce, avec son entrée voûtée de style gothique, surplombe la place.
En face, la rue Mercière, au croisement de laquelle se trouvait l'ancien Fischbrunnen, la fontaine aux poissons, offre une perspective sur la façade de la cathédrale.
Cette place était au XIIe siècle celle du marché aux poissons et du marché général. Des petites boucheries démolies au XVIIe siècle s'y logeaient à coté d'une église dédiée à Saint- Martin démolie en 1527. Au XVIIIe siècle s'y trouvait le marché aux Herbes, le Gärtnermarkt.
L'ancien Hôtel de ville médiéval, la Pfaltz, construite en 1321 et détruite en 1785 occupait une grande partie de la place.
D'où les noms successifs donnés à cette place : Statio piscatorum juxta carnifices, places des poissonniers près des boucheries (1120) ; Forum piscium, marché aux poissons (à partir du XIIe s.) ; St. Martinsplatz under Kremern, place Saint-Martin parmi les marchands (à partir du XIIe s; Place de l'Hôtel de Ville (1786) ; Place de la Maison Commune (1791) ; Place de la Révolution (1793) ; Place de l'Hôtel de Ville (1794) ; Place Martin (1796) ; Gartners-Markt, Marché aux Herbes (XVIIIe et XIXe s., et en 1817).
Depuis l'inauguration de la statue de Gutenberg en 1840, elle se nomme place Gutenberg. (1840, 1918, 1945). Pendant l'annexion, le nom n'a pas varié, Gutenberg étant originaire de Mayence : Gutenbergplatz, (1872, 1940). En alsacien Güteberriplàtz.
Sur la place se trouve la Statue de Gutenberg, oeuvre du sculpteur parisien Pierre-Jean-David d'Angers (1788-1856), inaugurée du 24 au 26 juin 1840, le jour de la Saint-Jean. Debout, l'inventeur de l'imprimerie à caractère mobiles tient à la main une page de la Genèse qu'il vient d'imprimer avec une presse placée à sa gauche, avec l'inscription : 'Et la lumière fut”.
En 1940, sur ordre du Gauleiter Wagner, le service de l'Œuvre Notre-Dame dut enlever la plaque avec l'inscription française. Une plaque avec le texte allemand « Und es ward Licht » fut réalisée par la fonderie Simon, puis échangée avec l'original en 1945.
Longtemps emplacement de stationnement des fiacres, la place Gutenberg voit en 1878 posés les rails de la première ligne de tramways hippomobiles, reliant la porte de Pierre à la place d'Austerlitz. En 1895 la traction à l'aide de chevaux est remplacée par la traction électrique sous l'impulsion de la Strasburger-Pferde-Eisenbahn-Gesellschaft.
Le bombardement de Strasbourg du 11 août 1944 endommage grandement la place, son kiosque, arbres et gazons. Les marchands de fruits et légumes doivent quitter l'endroit.
RUE DES IMPRIMEURS
La rue des Imprimeurs va de la rue de la Montagne-Verte à l'impasse de l'Ecluse dans le quartier de l'Elsau, près du canal du Rhône au Rhin.
En 1817, le chemin s'appelait Arbogast-Fahr ou Fähre (le terme Fähre signifiant un bac), bac Saint-Arbogast, puis, Fahrgärten, jardin du bac. Il permettait dès le XIIIe s aux visiteurs du couvent Saint-Arbogast et aux paysans de traverser le Rhin Tortu à partir de la porte Sainte Elisabeth. En 1900, la rue devient Fahrgartenweg, chemin du jardin du bac.
En 1970, l'alignement du chemin est transformé par les travaux du réseau autoroutier en rue des Imprimeurs, en souvenir de la corporation des Imprimeurs qui de 1840 à 1938, aux alentours de la Saint-Jean, rendent hommage à Gutenberg sur l'emplacement du jardin de l'ancien couvent Saint-Arbogast.
GUTENBERG se serait réfugié dans le quartier Saint-Arbogast à la Montagne-Verte, dans les années 1440 « pour étudier des caractères mobiles métalliques, isolés pour les réunir».
Il ne reste aujourd'hui aucun vestige du lieu qu'habitait Gutenberg. Les berges de l'Ill ombragées d'arbres centenaires et de végétations où se prélassent canard et cygnes ont été aménagées en promenade, ponctuées de jardins familiaux. Là, sur l'Ill, se cache, l'île Coléo, dénommée ainsi en 1876 par Ferdinand Reiber (1849-1892), naturaliste et bibliophile. Aujourd'hui dénommée île Gutenberg, elle a été léguée à la ville en 1892. Sur une grosse pierre de grès rose figure l'inscription : « C'est ici à la Montagne-Verte que l'imprimerie fut découverte par Gutenberg et c'est de ce pôle que par elle la lumière jaillit sur le monde ».
Lors de la rénovation de cette île en 1992, une stèle avec une effigie de la face de Gutenberg, a été sculpté par la Fondation de l'Oeuvre Notre Dame et la participation d'adolescents handicapés mentaux de la Montagne-Verte, comportant au dos l'inscription : « Avec ses mains le livre est né. De nos mains son visage est né. Avec tes mains l'espoir renaît ».
BIOGRAPHIE
Johann Gensfleisch zum Laden zum Gutenberg, dit Gutenberg, est né à une date inconnue, sans doute aux alentours de 1400 dans une famille patricienne de Mayence. A l'époque l'appellation par habitation est dominante. Son nom signifie que la famille possède la maison dite de Gensfleisch, à la chair d'oie, la maison zum Laden, au Magasin, et zum Gutenberg, à la Bonne Montagne, renvoyant à des lieux-dits. Le fils du patricien aisé Friele Gensfleisch, maître de comptes, Rechenmeister, aussi négociant de tissu en gros, et de son épouse Else Wirich est contraint à l'exil, en raison de conflits entre les groupes sociaux de la cité, les patriciens détenteurs de tous les pouvoirs et les marchands ou artisans, regroupés en guildes, Guilden, et corporations, Zünfte.
On trouve Gutenberg à Strasbourg pendant une dizaine d'années entre 1434 et 1444, peut-être dès 1430. La ville est alors la cinquième de l'Empire avec une population de 25000 âmes, la voie rhénane unissant les deux villes de Mayence et de Strasbourg. Il emprunte de l'argent et sert de caution à d'autres. Il habite en dehors du centre de la ville dans le faubourg de la Montagne-Verte, Grüne Berg.
Il est l'objet d'une plainte d'une jeune patricienne strasbourgeoise, Zennelin, pour rupture de promesses de mariage. Un cordonnier le poursuit pour injures.
Selon les livres municipaux et officiels, il est tantôt classé avec les patriciens, Constofler, les sous-patriciens, Nachconstofler tantôt avec les simples associés, Zugeselle, et même dans la catégorie de ceux qui ne sont liés à rien, die mit niemand dienen. Ce fils de grande famille ne semble pas reconnu comme tel à Strasbourg. Il paye ses impôts, selon un Zollbuch, notamment sur le vin, dont il fait porter en cave plus de deux mille litres par an.
Selon les termes d'un procès de 1439, Gutenberg a fondé une association avec divers Strasbourgeois pour exploiter un savoir technique de polissage de pierre. Il s'agit de gens de la haute société de la ville mais aussi d'artisans et de personnes modestes ou gens du peuple. Les participants versent de l'argent à Gutenberg. En 1442, il emprunte de l'argent au chapitre de Saint-Thomas. Avec ses associés, il polit des pierres Spiegelmacher, il fabrique et vend des miroirs, les pèlerins captant mieux les grâces divines avec des miroirs fixés à leurs chapeaux. Ses partenaires attendent aussi que Gutenberg leurs livre un art secret de réalisation prometteuse, die Kunst, qu'ils appellent l'ouvrage «das Werck» ou la chose, die Sache.
Gutenberg ne figure pas au livre de la bourgeoisie de Strasbourg, Il est cité, habitant maintenant à l'intérieur de la ville, parmi les membres associés, d'une corporation qui comprend les peintres, les savetiers, les verriers et les orfèvres.
De 1444 à 1448, on ne trouve plus trace de Gutenberg, qui réapparaît à Mayence en 1448 où il emprunte chez un notaire un capital important. Il reprend une place remarquée parmi la bourgeoisie de sa cité. En novembre 1455, il est poursuivi en justice par un homme d'affaire mayençais, Johann Fust. Gutenberg aurait reçu des sommes considérables de Fust pour fabriquer un outillage et de travailler à une « oeuvre des livres », Werck der Bücher. Fust parait avoir été en désaccord sur l'utilisation de cet argent.
Gutenberg rencontre des difficultés financières et dut céder son atelier et ses outils. Appauvri, Il ne paye plus les intérêts de ses emprunts. En 1465 le prince électeur et archevêque l'inscrit au nombre de ses courtisans avec un hommage public et une pension en nature.
Il meurt le 3 février 1468.
Des Caractères mobiles à LA TYPOGRAPHIE
Entre temps de 1450 à 1455 sont parus des textes imprimés, de petites impressions anonymes, placards populaires, indulgences, petite grammaire et calendriers. Ces premières impressions ont la plupart une unité de caractères, le même alphabet, des types de plomb voisins. Les préoccupations semblent plus esthétiques qu'intellectuelles.
Puis surgit, sans doute vers la fin de l'été 1454, une énorme Bible, imprimée sur quarante deux lignes par page, (appelée en abrégé B 42). Cette bible est attribuée à l'inventeur et technicien Gutenberg, au financier Johann Fust et au futur gendre de Fust, Peter Schöffer qui aurait travaillé comme calligraphe à Paris en 1449. Présentées en deux volumes de plus de trois cents feuillets, les 1282 pages ont deux colonnes de texte latin utilisant 290 caractères gothiques. La composition est remarquable, les lettres noires avec des espaces réguliers sont d'une encre brillante. Plusieurs exemplaires de nombreuses bibles dite de Gutenberg, certains sur papier, d'autres sur vélin, ont survécu jusqu'à nous. Elles auraient constituées un gage de garantie pour l'auteur.
Gutenberg n'a signé aucun livre, aucune impression; on ne possède aucune lettre authentique de lui. Il reste un inconnu. Sa vie reste obscure, voire en partie légendaire.
ENVIRONNEMENT ET CONTEXTE
Gutenberg apparaît comme un ingénieur qui cherche le rendement à un moment où l'Europe du XVe siècle répare les dégâts de la grande peste dans une reprise économique et démographique, avec l'innovation de techniques et de modes de penser. Le couloir rhénan sera favorable aux conditions d'invention de l'imprimerie par la réunion de plusieurs petites techniques coordonnées.
La possibilité de confectionner des pièces métalliques s'allie à la pureté des métaux, à l'essor de l'armurerie et de l'horlogerie. Les premiers stades de l'imprimerie seront la presse à vis, le moule à main, les caractères de lettres métalliques et isolées. Il fallait que soient présente une métallurgie de précision, une qualité d'encre à étaler et de papier ou de parchemin et aussi ... un certain monsieur Gutenberg.
La gravure sur bois et gravure sur métal, par bloc ou par plaques apparaît avant les recherches de Gutenberg. L'impression sur toiles de lin ou de soie de grand format passe à des petites gravures sur papier : des images religieuses sont largement diffusées, comme des cartes à jouer. Au début du XVe siècle le bloc d'impression en bois gravé artisanalement et en relief passe de l'image pieuse à des feuillets imprimés. Mais l'impression de textes par des lettres en bois à moins de succès. Pour les besoins de l'Eglises les copistes de nombreuses abbayes, dans de véritables ateliers de fabrication, réalisent des manufactures de livres manuscrits qui ne pouvaient plus être le véhicule suffisant de communication.
Imprimer semble avoir consisté, à ce moment de l'Histoire, à fabriquer grâce aux progrès de la métallurgie, une marchandise, le livre, à partir d'un prototype, à un nombre important d'exemplaires. La production en série était devenue indispensable. L'importance n'était pas l'impression mais la multiplication.
LE FLAMBEAU STRASBOURGEOIS
Il n'existe aucune preuve que Gutenberg ait pratiqué l'imprimerie à Strasbourg. Il est certain qu'il y a cherché les moyens techniques et peut-être effectué une certaine forme d'impression. Sa vie a dû être une approche progressive vers l'invention finale. Il n'a pas pu parvenir d'un seul coup à la qualité de l'impression de Mayence et a nécessairement parcouru des étapes préparatoires. A Strasbourg il a travaillé à un « art secret » et tenté de réunir un capital nécessaire pour fabriquer un outillage, faisant suite à la fabrication des miroirs. Il n'a pas pu travailler seul. Son activité devait conduire à l'imprimerie à caractères mobiles. Il y travaillait, à l'outillage, au plomb, à la presse. C'est l'effet entonnoir ; l'inventeur se rapproche de plus en plus de son objectif. Cet art nouveau aurait été pensé à Strasbourg. L'imprimerie à caractères mobiles métalliques naît sur les bords du Rhin.
HOMMAGES
L'inauguration de la statue de Gutenberg à Strasbourg eut lieu en juin 1840, dix jours après celle du monument de Kléber par crainte de manifestations indésirables d'une opposition libérale et républicaine au régime en place, Gutenberg étant considéré comme celui qui a donné la liberté par le savoir.
Une importante délégation franco-allemande d'ouvriers du livre a participé à cette inauguration. Lors de la cérémonie, une cantate du compositeur allemand Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) : « Wenn der Herr die Sintflut sendet », fut présentée. Sur des paroles d'Auguste Lamey (1772-1861) et la musique de Gambs, le texte traduit de cette cantate fut aussi interprété.
Les quatre faces du bas relief en bronze, confiées à M. Louis-Claude-Ferdinand Soyé et Jules Ingé, fondeurs à Paris, représentent, par partie du monde, des hommes dont la gloire est liée à la diffusion de l'imprimerie. Lors de l'inauguration, seule la plaque de l'Europe en plâtre était posée; les trois autres n'étaient que des peintures.
Sur la face gauche du bas-relief figurent les noms des signataires de la déclaration de l'indépendance américaine, dans les mains de Franklin. Près de lui se tiennent Washington, Jefferson, et Lafayette. Bolivar serre la main d'un indien.
La face postérieure représente l'Afrique : Wilberforce, appuyé sur une presse, étreint un africain possédant un livre. On peut voir Thomas Clarkson brisant les fers d'un esclave Derrière lui, Grégoire aide un noir à se relever et Condorcet contempler un groupe de femmes élevant des enfants, tandis qu'à terre gisent fouets et fers brisés.
La face droite du bas-relief évoque l'Asie: Une presse est représentée à côté de laquelle William Jones et Anquetil Duperron offrent des livres aux brahmanes qui leurs donnent des manuscrits. Le sultan Mahmoud lit un livre comme un Turc près de lui. Un degré en dessous, un Chinois et un Persan lisent le livre de Confucius. Un Européen instruit des enfants alors qu'un groupe de femmes se tient près du philosophe indien Rah-Maoun-Roy.
L'Europe est représentée par un bas-relief où se côtoient Descartes méditatif, Bacon et Boerhave. A gauche défilent Shakespeare, Corneille, Molière, et Racine ; en dessous se succèdent Voltaire, Buffon, Dürer, Milton, Cimarosa, Poussin, Calderone, Camoëns et Puguet. A droite se pressent Luther, Leibnitz, Kant, Copernic, Goethe, Schiller, Hegel, Richter, Klopstock. Sur le côté : Ambroise Paré et Linnée. Près de la presse, Erasme, Rousseau et Lessing ; sur le gradin, Volta, Gallilée, Newton, Watt, Papin, Mozart et Raphaël. Un groupe d'enfants étudie parmi lesquels un africain et un asiatique.
A l'entrée du Musée dédié à Gutenberg à Mayence (Gutenberg-Museum der Stadt Mainz) se trouve une statue sculptée par Joseph Scholl. Elle est la propriété de la société « Casino-Hof zum Gutenberg ». C'est le plus vieil monument mondial en hommage à Johannes Gutenberg, érigée dès octobre 1827Sur le socle figure l'inscription : «Joanni Gensfleisch, Dicto Gutenberg ; Patricio Moguntino, Qui primus omnium litteras, Aere imprimendas invenit. »
DENOMINATIONS DE VOIES PAR AILLEURS ...
A Paris, une rue Gutenberg, dénommée dès 1868 dans le 15° arrondissement au voisinage de l'Imprimerie Nationale, relie la rue de Javel à l'esplanade Max Guedj.
Dans le Bas-Rhin on trouve, entre autres, une rue Gutenberg à la Wantzenau, à Gresswiller dans le quartier d'Europodium et à Duttlenheim.
Dans le Haut-Rhin, une rue Gutenberg se rencontre à Vieux Thann et à Colmar, reliant la rue de Logelbach à celle de Gustave Adolphe dans le quartier Saint- Joseph. A Mulhouse, elle a été établie en 1871 lors du voûtage du Dollergraben entre la rue Linné et la Porte Haute; dans son sous sol coule toujours l'Ill canalisée.
Ces voies ont souvent été dénommées en raison de l'implantation ancienne d'imprimeries ou de libraires.
Texte chanté pour les fêtes de Gutenberg en 1840 (extrait)
En ce jour, Gutenberg ! honneur à ta mémoire ;
Ton plomb libérateur servit l'humanité ;
Le bronze de David doit proclamer ta gloire,
Et la redire encore à la postérité.
Au nom de la patrie, accueille notre hommage !
Des amis du progrès, c'est le juste tribut.
Que chacun se redise, en voyant ton image :
il voulut la lumière „et la lumière fut !'.
PAROLES DE LA CANTATE de 1840 (extrait)
(Traduite en français par Auguste Lamey, et la musique de M. Gambs)
Choeur. - Que les harpes sonnores accompagnent les voix solennelles des hommes et le choeur des vierges, célébrant un divin ouvrier. ...
Duo.- Un homme a semé à l'infini les rares trésors de la sagesse; il a, par ses formules puissantes, soulevé le ban des génies. ...
Récitatif. - Sur ceux qui habitent dans les ténèbres, des lueurs ont éclaté.
Ainsi que l'arc-en-ciel paraît après la pluies, tout resplendit autour de nous (biblique).
Solo. - Les fanfares te saluent, fête glorieuse ! ...
Finale. - Reçoit le prix de ton vaste bienfait, toi qui n'est plus que cendre et poussière; à Gutenberg, dans sa tombe, l'hommage des nations !
BIBLIOGRAPHIE
RITTER François, Histoire de l'imprimerie alsacienne, Strasbourg.
BECHTEL Guy, Gutenberg, Fayard, Paris, 1992,1955.
MOSZBERGER M., RIEGER Th., DAUL L., Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Strasbourg, Le Verger, 2002.
Gutenberg-Museum der Stadt Mainz, catalogue, 2009.
Histoire de Strasbourg des origines à nos jours, Ed. DNA-Istra, 1981
BISSINGER M., Les 100 ans de la Typographia de Strasbourg (1880-1980).
Silbermann Johann Andreas, A. : Local Geschichte der Stadt Strassburg, Ed. Jonas Lorenz, Strasbourg, 1775. Pages 232.
Relation complète : Fêtes de Gutenberg à Strasbourg le 24, 25, 26 juin 1840, Strasbourg, Ed E. Simon, 1841.