Article du 03/03/2010 à 15:57
La CUS au secours du grand hamster
Photo F. Maigrot / L'AMI (Archives)
Pour protéger le grand hamster d'Alsace, la Communauté Urbaine de Strasbourg a signé des conventions de subventionnement avec deux agriculteurs de Geispolsheim.

Le grand hamster d'Alsace est devenu un «animal politique». Tout le monde est d'accord pour protéger le mammifère réduit à une population estimée entre 500 et 1 000 individus, en dessous du seuil de survie fixé à 1 500, mais en privé, des élus notamment, se montrent parfois irrités par les mesures prises ou à prendre.  

Une ZAP dans le Sud de l'agglomération 

Espèce protégée depuis 1994, le grand hamster fait l'objet depuis novembre 2008 d'un document cadre pour sa préservation et celle de son milieu naturel. Le texte a été signé avec l'Etat par la Communauté Urbaine de Strasbourg et notamment le Conseil Général du Bas-Rhin, la Chambre d'Agriculture du Bas-Rhin, l'Association des Maires du Bas-Rhin ainsi que Alsace Nature. La CUS s'engage à respecter certaines procédures de protection, essentiellement des études d'impact, quand elle réalise des opérations d'aménagement ou définit des documents de planification comme le PLU (Plan Local d'Urbanisme) par exemple. Le grand hamster jouit (si l'on peut dire) par ailleurs de Zones d'Action Prioritaire (ZAP) dont une est située sur la CUS et concerne les communes de Blaesheim, Geispolsheim et Entzheim. Dans cette ZAP, la CUS donne des aides aux agriculteurs pour permettre la conservation de l'espèce. En vertu des directives européennes, ces subventions dites «aides de minimis» sont fixées à un montant maximum de 1 000 euros par hectare et par an pour la luzerne et à 400 euros par hectare et par an pour les céréales à paille. Deux premiers agriculteurs de Geispolsheim, Bernard Landmann et Bernadette Rauch, vont ainsi bénéficier d'une aide de, respectivement 1 180 et 1 770 euros pour 1 ha 18 ares et 1ha 77 ares de luzerne. 

Régime luzerne pour 5 ans

 A côté de la Communauté Urbaine, les autres financeurs sont l'Etat (via la Direction Régionale de l'Environnement et celle de l'Equipement qui ont fusionné dans la DREAL - Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement). Par convention, les deux agriculteurs s'engagent en contrepartie à cultiver une unité de luzerne sur des parcelles de moins de 1 ha et cinq unités de blé localisées de façon à favoriser la vie de l'animal, maintenir la culture de luzerne pendant 5 ans et ne pas récolter 10 % de la surface en luzerne à chaque coupe (avec des conditions). Sont exclus par ailleurs le travail du sol ou le broyage de résidus avant le 15 septembre (sauf en cas de culture d'automne), le travail du sol à une profondeur supérieure à 30 cm, les rodenticides (raticides) et les piquets à buses. Et bien sûr, les agriculteurs acceptent les terriers et des re-lâchers de hamsters. 

Joël Hoffstetter

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