
Photo Frédéric Maigrot / L'AMI / L'AM.I.
Cinq jours après les derniers coups de pédales sur les routes de la région, l'heure est au bilan pour le Tour Alsace 2010. De Strasbourg à Huningue, de Colmar au Ballon d'Alsace, cette septième édition aura brillé de mille feux : engouement populaire, animations tous azimuts, suspense sportif, aucun ingrédient de réussite n'a fait défaut. Retour sur six jours
hauts en couleurs...
Il aura fallu des trombes d'eau pour lancer les hostilités à Colmar et les conclure dans les Vosges. Mais respectivement avant et après le passage des coureurs. Et surtout pas assez pour noyer les certitudes d'un événement historiquement béni des forces célestes. Résultat, la cuvée 2010 du Tour Alsace a été un très grand cru, rendant pour ainsi dire une copie parfaite. En ces temps d'austérité économique, les partenaires ont lancé un message fort, de fidélité et de confiance envers l'événement phare de l'été alsacien. Les podiums des six jours ont ainsi fait des milliers d'heureux à grands coups de cadeaux envoyés. Idem pour une caravane qui a parfaitement joué son rôle d'ouvreuse promotionnelle. Que dire de la mobilisation des différentes villes étapes, hormis qu'elle a été exemplaire. On se souviendra notamment du professionnalisme de l'organisation colmarienne -encore dans le rythme du Tour de France-, de la foule cernéenne et la confirmation huninguoise d'une ville réservant été après été un accueil hors catégorie au Tour Alsace. Sans oublier, comment pourrait- on, le petit poucet du lot, Carspach, qui a relevé avec bonheur le défi de recevoir une course de cette envergure. Mieux, la commune sundgauvienne a su doter l'arrivée et l'après-Tour d'une bonne dose de convivialité et de simplicité. Un délicieux bol d'air frais, à méditer ! Les deux grands responsables de ce succès, le maire et le conseiller général, en ont même fini émus aux larmes.
Un vainqueur de 19 ans
De la tristesse, de la vraie, il y en eût sur le visage dévasté de Pierre-Luc Périchon à son arrivée au Ballon d'Alsace. Le Bourguignon, en tête du général depuis l'étape bas-rhinoise, savait qu'il avait tout perdu en prenant un éclat monumental sur les pentes vosgiennes du dernier jour. Tout près, mais tellement aux antipodes, le Néerlandais Wilco Kelderman jubilait, entre surprise et timidité. Le matin même, au départ de Ribeauvillé, pas un esprit lumineux n'aurait misé un kopeck sur lui, alors quatorzième à près de quatre minutes du maillot jaune. Pourtant, le longiligne gamin d'à peine 19 ans a pris tout le monde à revers. Au final, il gagne l'étape-reine et devance au général le Suisse, et ancien de la Quick-Step, Hubert Schwab et le Français Nicolas Edet, futur stagiaire chez Cofidis. Sur l'ultime podium, le jeune Batave d'Utrecht n'a pas boudé son plaisir en endossant la tunique Carrés Leaders jaune du grand gagnant...et en tendant les joues aux baisers des Miss. Ces dernières, emmenées les deux premiers jours par la marraine de l'épreuve Sylvie Tellier, ont brillamment assuré le volet glamour de la manifestation. « L'ambiance, l'engouement populaire, les gens heureux au bord des routes, oui, l'édition 2010 m'a fait énormément plaisir », avance le boss Francis Larger à l'heure des premiers bilans. « Si tout le monde s'y mettait, nous pourrions faire une vraie « bombe » de ce Tour Alsace ». Une al- FREDERIC MAIGROT/L'A.M.I. FLORENT MATHERN lusion à peine voilée au soutien institutionnel qu'il regrette de ne pas avoir pleinement. Autant le Conseil général du Haut-Rhin est un pilier essentiel du Tour, autant son homologue bas-rhinois brille par son absence. Pour continuer de grandir, voire d'exister, ce formidable élan qu'est le Tour Alsace se doit et mérite d'être soutenu par toutes les forces vives et décisionnelles de la région. Puissent le nouveau succès de cet été, les dizaines de milliers de spectateurs, les larmes des uns, les sourires des autres et la bonne volonté de cette incroyable armée de bénévoles nous plonger au-delà de ces préoccupations dans un Tour Alsace 2011 encore plus réjouissant...
Florent Mathern