Dossier du 09/09/2010 à 09:38
Les illuminations nocturnes
Photo Frédéric Maigrot / L'AMI
Sous l'impulsion de leurs Eglises, les chrétiens sont appelés à célébrer un nouveau temps liturgique, le «temps pour la Création », du 1er septembre au 4 octobre. En partenariat avec le réseau Justice, paix, sauvegarde de la création (JPSC), Le Messager et L'Ami hebdo, l'accent sera mis cette année sur les questions liées à l'énergie.

L'éclairage nocturne public a de nombreuses fonctions. Il permet de mieux s'orienter, donne un sentiment de sécurité et embellit l'image de la ville. Mais les coûts en énergie et en entretien représentent des charges financières énormes pour les communes et, surtout, l'impact écologique est catastrophique. Si la lumière est diffusée n'importe comment, elle illumine le ciel nocturne inutilement : les hommes n'en profitent pas et l'éclairage nuit à la faune et à la flore. En effet, des sources de lumière trop importantes peuvent perturber le comportement migratoire des oiseaux. Les chauves-souris sont particulièrement en danger, notamment si leurs quartiers d'été sont situés sur les façades de monuments historiques exposés à un éclairage. Dans des cas extrêmes, les chiroptères, qui craignent la lumière, ne peuvent même plus s'envoler pour chercher leur nourriture et doivent abandonner ces quartiers.

Beaucoup d'insectes nocturnes, notamment de nombreux papillons, sont littéralement aimantés par les sources lumineuses. Ils deviennent dès lors la proie d'autres animaux ou meurent d'un choc ou d'épuisement. Ils s'introduisent aussi dans l'habitacle des lampes et brûlent ou meurent d'inanition. Ils font alors défaut dans le complexe processus de la chaîne alimentaire et en tant qu'acteur de la pollinisation. Plus les UV sont importants, plus ils attirent les insectes et plus grands sont les dégâts pour l'écologie.

Les lampes les plus nocives et les plus répandues pour le moment sont les lampes à vapeur de mercure haute pression qui diffusent une lumière très blanche. Les lampes économiques à vapeur de natrium et d'autres alternatives favorables aux insectes sont peu à peu apparues mais, aujourd'hui encore, d'après une étude menée en Allemagne, 150 milliards d'insectes meurent chaque année à cause de l'éclairage public.

Des mesures simples

Parallèlement à ces questions écologiques, l'éclairage des rues, des places et des ponts - qui a un besoin urgent d'être rénové - consomme autant d'électricité que 1,2 million de ménages. Cette surconsommation entraîne des dérèglements en terme de coût financier et de déséquilibre climatologique. L'éclairage écologique des agglomérations profite à tout le monde – au climat, au porte-monnaie et à la nature. Les villes qui le pratiquent ont montré que grâce à des lampes appropriées, un éclairage moderne et une utilisation intelligente, la dépense en énergie peut être réduite de 50%. Or, l'on sait aujourd'hui qu'économiser et utiliser l'énergie de manière efficace tout comme préconiser les énergies renouvelables sont des conditions nécessaires pour atteindre les buts fixés en matière de protection du climat.

Des mesures simples permettent la mise en place d'une illumination écologique des villes :
• mise en place d'un éclairage planifié et une technologie qui permette l'économie en énergie,
• réduction du nombre de lampes et des sources d'éclairage, de son temps et son intensité, tout en maintenant l'aspect esthétique et pratique,
• choix de la teinte de la lumière et réduction des ultraviolets,
• limitation des rayons directs dans le ciel nocturne et de l'éclairage abusif , grâce au choix de lampes avec habitacle fermé,
 • préservation des zones sensibles : lisière des forêts, parcs et bords de l'eau,
• utilisation des énergies renouvelables.

François Steiner
À partir d'informations du Naturschutzbund Deutschland (traduction Edith Walter)

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